Et si… L’automatisation et l’IA faisaient faire des économies à court-terme aux entreprises tout en racourcissant leur durée de vie ?

Le manque d’avocats en milieu de carrière handicape fortement les professions légales

En 2017, les experts avaient prédit une « décennie de perturbations ». Pour une fois, ils avaient vu juste, particulièrement en ce qui concerne les professions juridiques. Après la crise financière de 2008, les honoraires des cabinets d’avocats étaient trop élevés, même pour les entreprises. Traditionnellement, ces cabinets employaient des avocats peu qualifiés pour les tâches de routine. Les juniors acquéraient leur expérience sur le tas, afin de gravir les échelons, accomplissant des tâches répétitives mais essentielles au développement de leur jugement.

Mais au milieu des années 2010, les cabinets ont quasiment cessé d’employer des avocats juniors. A la place, ils ont investi dans des IA pour ces tâches de routine (par exemple, vérifier les cadastres, ou des contrôles préalables). Ces tâches étaient alors effectuées en quelques heures, alors qu’il fallait des semaines à des humains pour les accomplir. Un rapport récent estime que plus de 500 000 emplois d’avocats ont été perdus à travers le monde de 2015 à 2022.

Grâce à ces baisses de coûts, des cabinets sont passés d’un chiffre d’affaires d’un million de dollars en 2015 à cinq millions de dollars aujourd’hui. Dans une économie juridique de type « le gagnant rafle la mise », les perdants n’ont même pas pu commencer leur carrière tandis que les gagnants accumulaient d’énormes revenus.

Mais aujourd’hui, les professions juridiques font face à un manque cruel d’avocats à mi-parcours de leur carrière. Les étudiants en droit devraient avoir intégré les cabinets en tant que junior et être aujourd’hui près d’obtenir le statut de partenaire. Mais avec aussi peu d’emplois en tant que junior disponibles à l’époque, les diplômés en droit ont abandonné leur carrière ou ont pris des petits boulots. Ainsi, les cabinets n’ont plus la possibilité d’embaucher des avocats avec de l’expérience. Ils sont obligés de promettre des salaires vertigineux, parfois supérieurs à ceux des partenaires eux-mêmes, afin d’engager le peu de candidats restant.

Ces cabinets se battent maintenant pour trouver des avocats expérimentés pour accomplir des tâches nécessitant les finesses d’un esprit humain : plaider, arranger un litige, arbitrer ou simplement s’appuyer sur des années d’expérience pour sceller des accords. Pour la première fois dans l’Histoire, nous avons besoin de plus d’avocats que ce dont nous disposons.

Ces questions étudient la façon dans laquelle Internet pourrait évoluer. Mais le chemin que nous prenons dépend de nous.

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