Et si ... le corps humain lui-même devenait le réceptacle de réseaux de plus en plus complexes et optimaux ?

Présentation publique de Tan Ai Lin à la première réunion commune sur les normes de l’IEEE, l’IETF, et l’Organisation mondiale de la santé à Genève en 2025.

« Certains d’entre vous connaissent mon histoire, mais je vous la raconte quand même. Je suis malaisienne. Je suis née dans une famille riche. Je suis connue pour ma franchise.

Vu mon milieu d’origine, j’aurais pu faire n’importe quoi. Hélas, mes problèmes de santé m’en ont empêchée. Épilepsie instable. Tachycardie. Épuisement et confusion mentale. Pas très drôle ! En résumé, mon câblage était mal posé.

Ainsi, je me suis dit qu’il était temps de tout rebrancher. J’ai rassemblé la meilleure équipe du monde. En lieu et place d’un pacemaker ou de médicaments qui ne fonctionneraient jamais parfaitement, j’ai inventé le Mesh. Allez, j’exagère. L’équipe que j’ai engagée l’a inventé. J’ai fourni les idées, l’argent, et le corps humain comme matériau. Ils ont eu le Nobel. Du coup, ça va.

Le corps humain contient des billions de micro-organismes, et trois fois autant de cellules non-humaines que de cellules humaines. On pourrait dire que j’en ai un peu plus. Quelque part entre trois et quatre billions de nanodes. Toutes communiquent entre elles et œuvrent à me garder en forme. C’est comme une membrane pleurale connectée – les médecins présents ici savent ce que c’est – qui traverse mon corps. Génétiquement, disons que je suis en partie descendante de l’anguille électrique. Quand je suis victime d’un court-circuit, à peu près vingt fois par heure, le Mesh me répare. Je ne le sens même pas. Enfin, peut-être que je me mets un peu à planer. Mais ce n’est pas grave.

J’utilise beaucoup de bande passante. Mon flux de données est en temps réel, de sorte à ce que n’importe quel chercheur peut les utiliser. Des Teraoctets. Il faut ÉNORMÉMENT de données pour me garder fonctionnelle. C’est comme de l’oxygène pour moi. Certaines personnes prévoient leurs vacances à la plage. Je prévois de voyager là où il y a du haut débit, et un faible taux de latence. Beaucoup de pays que je ne visiterai jamais. Je peux littéralement vous dire ce que fait ressentir un réseau pourri. Je suis une périphérie de réseau à moi toute seule.

Beaucoup de mes trucs sont brevetés. Désolée. L’ouverture, c’est bien, la rapidité, c’est mieux. J’aurais voulu faire autrement, mais je n’avais pas d’alternative. Je devais rester en vie. Mais si je suis là aujourd’hui, c’est pour vous convaincre de travailler tous ensemble, dès maintenant. Si vous ne le faites pas, nous ne pourrons pas diffuser cette technologie au monde entier. Et ce serait bien dommage. »

Ces questions étudient la façon dans laquelle Internet pourrait évoluer. Mais le chemin que nous prenons dépend de nous.

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