Et si… Nous utilisions Internet pour aller vers une transparence totale et renforcer la démocratie ?

Suivre l’argent : comment Tout Ouvert utilise une forme de transparence radicale pour que le journalisme demeure irréprochable et solvable.

« Le journalisme était en train de se mordre la queue, » me dit Jan Almeida, « nous avions besoin de trouver un moyen de croire en ce que nous lisions, et de prendre nos responsabilités en tant que citoyens afin de soutenir le vrai journalisme. Ainsi, nous avons entraîné nos Intelligences Artificielles pour qu’elles trient les informations qu’elles nous proposent, et vérifient leur validité. Sources, lieux, objectifs, appartenance. Tout. »

Nous sommes assis sur des chaises bancales, dans un espace de co-working du centre-ville. Comme leurs collaborateurs du monde entier, le collectif qui s’auto-intitule Tout Ouvert travaille des heures entières dans un espace sale, rempli de canettes de soda, de boites de pizza et de tableaux blancs recouverts de diagrammes et d’écritures illisibles. Contrairement à bien d’autres espaces collaboratifs, celui-ci est parfaitement égalitaire pour ce qui est des genres et des couleurs de peau.

« Évidemment, » me dit Jan, lorsque je lui demande si c’est intentionnel, « l’égalité n’est pas quelque chose que l’on rajoute en haut d’un immeuble quand il est construit. Ça doit venir des fondations... »

Luisa Gomez, une femme un peu plus âgée qui écoute notre conversation en même temps qu’elle écrit des lignes de code servant à découvrir les mécènes et les politiques qui sont derrière les médias, intervient :

« Nous nous sommes rendu compte, il y a quelques années, que les limites sont ténues entre extrémisme politique, cyber-mysoginie et argent sale, » dit-elle en souriant largement, « c’est un peu comme si tous les méchants se connaissaient. »

Jan lui fait un clin d’œil entendu et se tourne vers moi, l’air sérieux.

« La propagande, le secret financier, l’inégalité et la polarisation politique – ils sont tous liés. Ça semble trop énorme pour tout réparer, mais il faut s’y prendre petit à petit. Nous créons des outils afin que n’importe qui puisse comprendre les intentions qui se cachent derrière ce qu’ils lisent.

- Mais ça n’est pas suffisant, » le coupe Luisa, « nous aidons aussi à bâtir la confiance en aidant les gens à soutenir le journalisme indépendant. Nous rendons plus facile l’accès à l’information venant de l’autre côté.

- De tous les côtés, » acquiesce Jan, « c’est le plus important. »

Ces questions étudient la façon dans laquelle Internet pourrait évoluer. Mais le chemin que nous prenons dépend de nous.

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